PIERRE BRIZON (16mai1878 - 1er août1923 )




C'est sûrement le coeur rempli de bonheur que Louis Brizon ,  jeune cultivateur âgé de 27 ans , domicilié à La Rouche , en cette après-midi du jeudi 16 mai 1878  se rend à la mairie de Franchesse pour y annoncer la naissance de son fils Pierre , né ce matin.
On imagine sans peine la joie de Marie , sa jeune épouse âgée de 17 ans.
Peut être a-t-il été accueilli avec bienveillance par le docteur de La Coutûre , maire de la commune depuis quelques années déjà.
C'est sans doute une grande fierté aussi pour Pierre , le grand-père dont le petit-fils porte son prénom .
 Le 16 juillet 1880 , la famille s'agrandit avec l'arrivée du petit Jules né lui aussi à la Rouche.Vers 1886 , la famille déménage et s'installe  au domaine de la Chapelle; Pierre est alors âgé de 8 ans , Jules le cadet 6 ans.

Enfant , le jeune Pierre fréquente l'école communale de franchesse et déjà se fait remarquer par sa vivacité d'esprit.C'est sans doute son instituteur qui l'incite à poursuivre ses études , une véritable gageure pour un enfant de condition modeste né dans un milieu rural en cette fin du XIXe siècle.
C'est tout naturellement qu'il entre à l'école primaire supérieure.
Il bénéficie d'ailleurs d'une bourse d'étude accordée aux familles modestes en février 1892 :

Extrait du J.O 02/1892

Entré à l'École normale supérieure de Saint-Cloud destinée à la formation des professeurs des Écoles normales d'instituteurs , il est reçu avec brio au concours en1897. C'est à cette époque qu'il est gagné aux idées socialistes et adhère au groupe des étudiants collectivistes . Devenu professeur d'École normale , il sera muté à maintes reprises , successivement aux Écoles normales de Laval , La Rochelle , Alençon ( où il fonde le premier groupe socialiste ) , et Parthenay , ces mutations sans doute subies pour "son attitude un peu trop militante" puisqu'un courrier du ministre de l'Instruction Publique lui sera adressé , lui reprochant son "manque de réserve de langage" imposé aux fonctionnaires ,et plus encore ,aux enseignants.
Brizon professa également dans les écoles professionnelles d'Armentières , de Voiron , Marseille , Narbonne , Clermont-Ferrand , et pour finir Rennes.

En 1906 , il se présente aux législatives à Grenoble mais subit un échec ,sans doute dû à un manque de notoriété dans ce département.Il aura plus de chance sur ses terres de l'Allier puisqu'il sera élu conseiller d'arrondissement sur le canton de Bourbon l'Archambault et le restera jusqu'en 1913.Les conseillers d'arrondissements n'étaient pas rémunérés et leur poste permettait le cumul des mandats notamment parlementaires ; grands électeurs , ils étaient aussi appelés à élire les députés , sénateurs et les conseillers généraux et fixaient le budget ).

Mais c'est véritablement en 1910 ,le 24 avril exactement que commence sa carrière politique lorsqu'il est élu député de l'Allier de la 2eme circonscription de Moulins , avec un score écrasant face au député sortant de l'époque . ( 1er mandat de député du 24/04/1910 jusqu'au 31/05/1914 )

Durant son premier mandat de député ,Brizon fait preuve d'une intense activité ; Membre de plusieurs commissions , notamment en agriculture ,il est présent sur tous les fronts de l'injustice ,et se bat pour la défense des retraites ouvrières et agricoles , s'insurge contre l'impôt colonique qui étouffe les metayers , contre les fermiers généraux qui accaparent la moitié des récoltes et rendent impossible l'accession à la propriété  des cultivateurs.il participe activement à des débats sur l'accaparement des sucres et des alcools ( 1910 ), sur le budget de l'Agriculture , et sur la Loi des Finances. Il critiquera ouvertement la durée du service militaire ( 1910,1912,1913 ). En 1912 , Brizon est élu Maire de Franchesse  et le restera jusqu'en 1919.

Pierre Brizon se fait remarquer assez tôt à la Chambre de députés ; brillant orateur , la parole facile et volubile celui-ci présentait plutôt bien : d'apparence soignée , malgré une voix nasillarde ,( bien de poil , avec une voix caverneuse assez désagréable  comme dira Guillaumin ) ,svelte et élancé , assez grand pour l'époque ( 1m73 ), les interventions du tribun ne passaient pas inaperçues.
Emile Guillaumin , le sage ygrandais , avait  été très ami avec Pierre Brizon mais prendra peu à peu ses distances avec celui-ci , jugeant ses interventions un peu trop ostentatoires à ses yeux.





Orateur abondant ,aussi bien à la tribune du Parlement qu'à celle du Congrès, mais également lors de réunions publiques, Brizon n'en est pas moins un écrivain prolixe .On lui doit de nombreux articles de presse ainsi que différentes brochures politiques : Le Blé rouge , En Bataille , Un précis d'histoire contemporaine en deux volumes , l'Église et la Révolution , La France dans les temps modernes , un volume de l'encyclopédie socialiste la Coopération co-écrit avec Ernest Poisson (qui était un proche de Jaurès et rédacteur à l'Humanité) , une histoire du Travail et des Travailleurs , et l'Apprentissage.

A suivre...

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